On reprend tout à zéro.

Il est venu le temps de le (re) lâcher, de le quitter, encore une fois, dans les bras d’une autre.

Une autre nounou, un autre appartement, une autre petite copine pour accompagner ses journées. J’avais trouvé la perle rare, j’ai du la quitter, on ne va pas y revenir dessus ; c’est la vie qui trace son chemin.

bébé au bord du lac

Cette peur qui ne me tiraille.

L’amener chez cette dame, au demeurant gentille, c’est m’arracher un bout de ventre, de cœur, un bras. Il faut tout reprendre à zéro. Et encore une fois, j’ai l’impression que la semaine d’adaptation est là pour me rassurer plutôt que pour l’aider lui.

Je vais devoir réapprendre à vivre sans lui quelques heures par jour, à penser à autre chose, à faire des choses sans lien avec lui, en attendant impatiemment le soir avant d’aller le récuperer.

Le récupérer en me demandant comment s’est passée cette nouvelle journée sans moi, qu’a-t-il appris de nouveau, qu’a-t-il fait, a-t-il bien mangé, a-t-il bien dormi, a-t-il bien joué…

 

Mieux pour nous deux.

J’ai cette boule au ventre qui m’accompagne depuis que j’ai pris conscience de tout cela, cette envie irrépressible de le garder près de moi malgré tout, tout en me convaincant que c’est mieux pour nous deux.

Mieux car notre lien est fusionnel, parfois trop, et il est parfois dur pour papa de trouver sa place, il est parfois dur pour moi de prendre du recul car il m'énerve.

Mieux car il faut que je retrouve une vie professionnelle. Que je mène ma formation jusqu’à la fin. Que je trouve un stage puis un emploi. Car c’est pour cela qu’on a accepté de venir à Paris. Pour moi.  Alors je ne veux (ne peux) décevoir personne, et surtout pas moi.

papa et minigars dans le jardin

 

On va y aller petit à petit.

Tant que je n’ai pas d’emploi, que je suis en fin de formation et en recherche de stage, je vais rectifier les horaires initialement proposés, et le laisser de 9h à 16h, sauf le mercredi où je le reprendrai pour l’après-midi. Plus tard, quand il le faudra, j’augmenterai les « doses »…

Dans un premier temps, ces plages horaires seront suffisantes pour qu’il apprenne cette nouvelle vie et moi aussi.

 

La vie est un apprentissage de chaque jour…