Je suis née où il faut.

Je me suis fait cette réflexion samedi après-midi.

Il pleuvait des cordes, nous étions en voiture, bien couverts, et nous allions de magasins en magasins afin d’occuper l’après-midi.

Nous nous sommes arrêtés à un feu rouge, et entre les files de voiture déambulait un homme, avec un petit écriteau qui demandait quelques pièces. Il était trempé, il avait avoir froid. Cette scène, je la vois tous les jours dans les rues de Paris.

rue-escale

Le feu est passé au vert, notre voiture a avancé, et je me suis alors dit « je suis née où il faut ».

Mes parents sont aujourd’hui à la retraite, mais ils ont pu travailler toute leur vie, car l’époque était propice aux postes que l’on gardait durant toute une carrière.

Ma famille est relativement petite, ce qui fait que nous faisions tous les dimanches un repas de famille avec mes grands parents et mes cousins.

J’ai vécu dans une grande maison, avec une immense jardin, une chambre à moi, la technologie à portée de main, des livres, les vêtements que je voulais.

J’ai toujours mangé à ma faim, à chaque repas, tous les jours.

Je pouvais inviter mes copines, mes copains, mes petits copains.

Je pouvais sortir. Je n’avais pas de scooter, mais mon père venait me chercher quand et où je voulais.

Mon père me forçait à faire des dictées tous les dimanches, je détestais ça, mais aujourd’hui, je sais écrire et lire correctement. Mes parents étaient derrière moi pour mes devoirs. Ils m’encourageaient.

Je suis partie en vacances. Souvent.

J’ai pu faire des études, de longues études, qu’ils m’ont financées.

J’ai eu un appartement pendant 2 ans, qu’ils m’ont payé également.

Même aujourd’hui, alors que moi aussi je construis ma propre famille, je sais qu’ils sont derrière moi, et qu’en cas de coup dur, ou juste pour me faire plaisir, ils m’aideront. Pour m’adoucir la vie et celle de leur petit-fils.

Je suis née où il faut, et j’en suis heureuse, chaque jour qui passe.

Trop de gens galèrent, sombrent, manquent de soutien, n’ont plus de famille, sont déconnectés de la vie, n’ont pas la chance de savoir vers qui se tourner quand ça ne va pas, moralement ou financièrement…

Je suis née où il faut.